Communiqué de la Coalition Fjord

La création d’une aire protégée bloquée par Port Saguenay et la Chambre de commerce

Jeudi 29 octobre 2020. Un article publié dans La Presse ce matin dévoile que le ministre Benoit Charette a retiré de sa liste de projets d’aires marines protégées (AMP) une section du Saguenay qui visait la protection du béluga. L’AMP visait plus particulièrement la protection de l’habitat d’espèces de poissons dont se nourrit le béluga et qui aurait aidé au rétablissement de ces espèces. La création de cette aire aurait aussi permis au gouvernement d’atteindre l’objectif de protéger 10% de ces aires marines, un objectif du Plan stratégique pour la diversité biologique 2011-2020 venant à terme en décembre.

La Coalition Fjord est scandalisée par l’attitude irresponsable de la Chambre de commerce et d’industrie Saguenay-Le Fjord, de Port Saguenay et du ministre Benoit Charrette. Il est inconcevable d’empêcher la création d’une aire protégée sous de faux arguments. La création de l’AMP n’empêcherait en rien le transport maritime sur le Saguenay. « La chambre de commerce et Port Saguenay sont les parfaits exemples d’acteurs économiques qui pensent que la protection de l’environnement menace l’économie alors que c’est tout le contraire ! La protection de l’environnement est créatrice d’emplois durables et au coeur des valeurs des gens de la région ! » explique Adrien Guibert-Barthez, co-porte-parole de la Coalition Fjord.

L’annulation par le ministre Benoit Charette s’est effectuée après que la Chambre de commerce et d’industrie Saguenay-Le Fjord ainsi que Port Saguenay aient fait parvenir au ministre deux lettres s’opposant à la protection de cette aire. Invitée à commenter, Sandra Rossignol, directrice de la Chambre de commerce, affirme qu’ « une aire protégée, ça vient te bloquer tout projet ». De son côté, Carl Laberge, directeur de Port Saguenay et président du C.A. de la chambre de commerce, ne peut expliquer ce que cela signifierait concrètement mais s’y oppose tout de même. Dans une lettre ouverte publiée par Le Quotidien , ils ont pourtant tous deux récemment affirmé que « le développement économique et l’environnement sont compatibles ». À parler ainsi des deux côtés de la bouche, on comprendra pourquoi la population n’a pas confiance en ces représentants.

En s’opposant à l’AMP, la chambre de commerce met à risque une large partie des 4700 emplois et les quelque 295 millions $ de retombées économiques de l’industrie touristique qui bénéficient de la présence du béluga au Saguenay et sur la Côte-Nord. Alors que le ministère du tourisme et le maire de Tadoussac s’inquiètent des impacts sur le secteur économique, si la chambre de commerce veut garder un minimum de crédibilité, elle doit immédiatement écrire au ministre pour retirer ses propos qui dépassent l’entendement!!

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