Le Communautaire à boutte

Le communautaire à boutte interpelle le nouveau ministre: Le communautaire est un trésor à préserver

Québec, le 23 octobre 2026 — Le mouvement Le communautaire à boutte félicite le nouveau ministre responsable de l’Action communautaire et président du Conseil du trésor pour sa nomination et l’invite à faire de ce nouveau mandat un véritable tournant dans les relations entre le gouvernement du Québec et le milieu communautaire.

Le communautaire représente bien plus qu’un poste budgétaire : il constitue un véritable trésor collectif, humain et social, construit au fil de décennies de solidarité, d’engagement et de mobilisation citoyenne. Pourtant, cette richesse qui contribue chaque jour à maintenir le filet social québécois s’effrite sous la pression du sous-financement, de la précarité et des besoins grandissants dans la population.

Depuis plusieurs mois, le mouvement Le communautaire à boutte multiplie les actions de mobilisation, les grèves, les rencontres avec les élu·es et les représentations politiques afin de dénoncer la fragilisation des organismes communautaires et de proposer des solutions durables. Derrière ces revendications se trouvent des milliers de travailleuses et de travailleurs qui poursuivent leur mission malgré l’épuisement, les ressources insuffisantes et des conditions de travail trop souvent précaires.

Cinq rencontres pour passer de la parole aux actes Le mouvement rappelle l’engagement pris par le premier ministre, Paul St-Pierre Plamondon, soit de tenir cinq rencontres officielles avec ses représentantes et représentants ainsi qu’avec celles et ceux du Réseau Québécois de l’action communautaire autonome (RQ-ACA) afin d’aborder les revendications du milieu communautaire et les solutions nécessaires pour sortir les organismes de la précarité.

Rappelons que les revendications du mouvement sont :

● Des conditions de travail décentes pour les travailleuses et travailleurs du communautaire;
● Un financement à la mission suffisant;
● Une reconnaissance pleine et entière des organismes;
● La protection de l’autonomie et la fin du financement précaire;
● Investir dans le mouvement communautaire comme pilier stratégique.

Pour y arriver, les cinq rencontres devront permettre d’aborder des éléments essentiels dont :

● La création d’un fonds d’urgence de 360 millions de dollars pour donner rapidement de l’oxygène aux organismes;
● L’indexation annuelle selon les coûts de fonctionnement du communautaire (ICFC) ;
● Un plan de rattrapage financier visant notamment l’amélioration des conditions salariales;
● Des échéanciers clairs pour la mise en œuvre des engagements ;
● Les moyens concrets de mettre ces engagements en œuvre, notamment les investissements et les mécanismes nécessaires.

Alléger la bureaucratie ne suffit pas : il faut financer adéquatement le communautaire Le mouvement accueille favorablement le mandat confié au ministre visant à simplifier les programmes de soutien à l’action communautaire et à alléger les exigences administratives imposées aux organismes. Cette orientation répond à des préoccupations exprimées depuis longtemps par le milieu.

Toutefois, la simplification administrative ne peut constituer une réponse suffisante à la crise actuelle. Réduire les formalités est nécessaire, mais cela ne remplace pas les ressources financières indispensables à l’accomplissement des missions communautaires. Renforcer le filet social québécois exige des investissements à la hauteur des besoins, une reconnaissance réelle de l’expertise développée sur le terrain et le respect de l’autonomie des organismes. Ce sont ces conditions qui permettent aux équipes de répondre aux besoins de la population, de développer des actions adaptées à leur communauté et de maintenir des services essentiels. La double responsabilité du ministre, à la tête de l’Action communautaire et du Conseil du trésor, représente une occasion déterminante de faire reconnaître la contribution du milieu communautaire dans les choix budgétaires et les orientations sociales du Québec, mais le rôle du ministre au conseil du trésor ne doit en aucun cas diminuer l’importance qu’il accordera à l’action communautaire qui mérite d’être pris au sérieux.

Le temps des décisions est arrivé

Le mouvement Le communautaire à boutte souhaite convenir rapidement avec le cabinet du ministre des modalités et d’un échéancier pour la tenue des cinq rencontres promises. Il se dit prêt à participer à ces échanges avec sérieux et ouverture, mettant à contribution l’expertise acquise au quotidien par les organismes sur le terrain. Les rencontres se dérouleront en collaboration avec le RQ-ACA qui représente les regroupements d’organismes au Québec et les représentants du mouvement.

« Le communautaire n’est pas une dépense à contenir. C’est une richesse collective dans laquelle il faut investir. Depuis des mois, nous sonnons l’alarme, nous nous mobilisons et nous proposons des solutions. Nous accueillons favorablement la possibilité d’un dialogue, mais nous attendons maintenant des décisions concrètes, des engagements financiers et des échéanciers clairs. » Caroline Chartier, co-porte-parole nationale.

Néanmoins, le mouvement Le communautaire à boutte demeure mobilisé, solidaire et déterminé à défendre les conditions nécessaires à la pérennité des organismes communautaires et au maintien d’un filet social fort, accessible et humain pour toute la population. En cette semaine nationale de l’action communautaire autonome, partout au Québec, les groupes se sont encore mobilisés et ont déjà interpellé les nouvelles personnes élues. Le mouvement se tient à l’affût et une intensification rapide des moyens de pression demeure envisagée si la mise à jour économique du nouveau gouvernement ne répond pas à l’urgence d’agir.


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