Si les sondages se maintiennent…

Chronique de Monsieur Pierre Demers, cinéaste et poète rouge d’Arvida

Un sondage n’est pas un substitut à la réflexion
-Albert Brie, Le mot du silencieux

Jusqu’ici, les sondages se maintiennent. À travers le Canada et même à travers la région. On peut se retrouver avec n’importe quoi. C’est à dire… un gouvernement libéral majoritaire, un gouvernement libéral minoritaire, un gouvernement conservateur majoritaire, un gouvernement conservateur minoritaire. La balance du pouvoir au Bloc si l’un des deux partis est minoritaire. La balance du pouvoir au NPD si…la même chose. Ou, je ne sais pas.

Tout ce qui m’intéresse, c’est de savoir quand Ivan Demidov, 19 ans, va jouer pour le Canadien pendant les séries…

Je m’excuse, je viens de me tromper de fièvre et de séries.

Iva Ivan, Ivan…c’est bien un Russe. A-t-il des parents en Ukraine? On a le droit d’aligner des joueurs russes pendant la guerre inégale entre Poutine et presque le reste du monde, sauf le président orange ?

C’est vrai, les sportifs professionnels ne se mêlent pas de politique.

Je reviens à …on peut se retrouver devant n’importe quoi.

Une soirée des élections qui risque d’être plutôt courte. On va pouvoir se coucher de bonne heure. À moins que d’ici là, les conservateurs déterrent un gros, mais très gros squelette dans le coffre de char de Carney. Genre, il téléphone en secret à Trump pour lui refiler des actions dans un portefeuille secret à l’Île du Repos ou encore plus loin. Ou des propos disgracieux qu’il aurait prononcé dans une rencontre de directeurs de banques sur le manque de flair économique des Québécois, sans compter sur leur naïveté politique légendaire.

Bref, tout peut arriver. Imaginons donc la chose.

Une semaine avant la fin de la campagne, Trump annonce qu’il envoie la Garde nationale pour annexer le Canada. Les divers candidats doivent se prononcer sur le geste. Il met le paquet dans les pressions. Les McDo sont gratos à travers tout le Canada pour une semaine. Les prix de n’importe quoi sont coupés chez WalMarde. Toutes les chaines de télé américaines entrent sans frais à travers le pays. Les vols vers les USA sont à moitié prix et les parcs de VR aussi.

Les Canadiens sont surpris. En Alberta ils n’espéraient que ça. Ils demandent à Poildelièvre de dire oui. Il hésite. Trump nomme Gretzky gouverneur de la 51e État américain. Il accepte mais à la condition que les équipes américaines de la NHL se laissent battre par les équipes canadiennes pour les deux prochaines saisons.

Ça va mal pour le projet de Trump. Les soldats de la Garde nationale désertent leur armée pour s’installer au Canada, surtout au Québec à cause des belles filles. Ils veulent apprendre le français. Dans les rues, les membres de la Garde nationale sont assez bien reçus. Ils distribuent des cadeaux et des bonbons aux enfants. On sait tout de même recevoir malgré tout. Très peu se souviennent de la crise d’octobre et des soldats dans les rues.

Carney refuse l’annexion à moins de longues négociations dans les deux langues. Pour sa part, le Bloc veut négocier qu’en français. Jafmeet Singh du NPD, pour sa part, prend le maquis et décide d’attaquer de nuit la Garde nationale avec des tires roches et des bombes puantes. Enfin, Jonathan Pedneault, semi-chef du parti vert, essaie de convaincre les membres de la Garde nationale de déserter en leur faisant fumer du pot légal.

Les choses vont donc bon train.

Trump décide soudainement de changer d’avis et de laisser couler les élections comme prévu. Les électeurs sont plutôt décontenancés. Ils ne savent plus où donner du vote. Les candidats aussi semblent avoir perdu la boussole. Ils se croient dans un mauvais rêve. Poildelièvre décide de ne plus se présenter. Il veut désormais s’occuper de sa famille. Carney admet que la fausse annexion ce n’était qu’un mauvais moment à passer. Blanchet prend aussi sa retraite pour refaire du service comme gérant d’Éric Lapointe devenu sobre. Le chef du NPD, Jagmeet Singh sort de la clandestinité et remonte dans les sondages. Le demi chef du parti Vert, Jonathan Pedneault est accusé de trafic de pot plus ou moins légal.

Enfin les élections arrivent.

Vous le devinez, les libéraux remportent tout ou presque. Sauf un NPD élu à Vancouver et un autre à l’Île du Prince Edouard. Le Bloc fait patate sauf à Chicoutimi où les électeurs en avaient assez du coach de hockey qui se cache à l’Étape pour ne pas parler aux journalistes.
Donc, des élus tout neufs pour la plupart se retrouvent à Ottawa.

Les gens sont surpris mais résignés.

Les Canadiens se retrouvent en finale de la coupe Stanley avec, vous devinez qui, la nouvelle recrue russe qui score à volonté, mais dont le français est aproximatif. Tout est bien qui finit bien. Trump ne veut plus rien savoir du Canada. Il a perdu la moitié de ses Gardes nationaux exilés au Québec. Les prix augmentent en flèche chez McDo. Carney passe l’été à Jonquière pour apprendre le français au centre linguistique du cégep. La vie normale suit son cours. Justin Trudeau est nommé ambassadeur canadien à Washington et à Mar-a-Lago.

Pierre Demers, cinéaste et poète rouge d’Arvida


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