Absences forcées par la COVID-19

Le gouvernement doit soutenir le personnel des CPE et les paramédics

Chicoutimi, le 4 décembre 2020 — Pour la CSN, les travailleuses des CPE doivent pouvoir accéder à des absences payées lorsqu’elles sont en attente du résultat d’un test COVID. C’est loin d’être toujours le cas en ce moment. Les paramédics de la région vivent également cette injustice, certains employeurs ayant annoncé, hier seulement, qu’ils ne payaient plus.

Depuis le début de la crise, elles doivent piger dans leurs banques personnelles de congés de maladie ou dans leurs journées de vacances lors de périodes d’isolement imposées par la Santé publique ou par l’employeur, lorsqu’il y a des symptômes, ou encore lorsqu’elles sont en attente du résultat d’un test COVID. Dans un sondage mené par la CSN auquel 5200 membres de CPE ont répondu en novembre dernier, près de 25 % des éducatrices avaient déjà été testées pour la COVID et près de 80 % de ces dernières ont utilisé leurs banques personnelles ou ont dû prendre un congé sans solde durant l’attente du résultat.

Il y a donc un risque qu’une travailleuse choisisse de taire des symptômes bénins afin d’éviter les conséquences financières pour sa famille. Selon une étude de la Direction de la santé publique de Montréal sur les cas de COVID survenus du 26 août au 30 septembre, la présence de personnes symptomatiques dans les services de garde éducatifs était le deuxième plus important facteur de transmission.

« Il est inadmissible que le ministère de la Famille ne finance pas de congés rémunérés pour l’isolement préventif, car celui-ci sert à diminuer le risque de transmission dans les CPE », affirme Nathalie Duperré, présidente du Syndicat des travailleuses des centres de la petite enfance et des bureaux coordonnateurs du Saguenay-Lac-Saint-Jean – FSSS-CSN.

« On prend un risque inutile en forçant des travailleuses à faire un choix déchirant lorsqu’elles n’ont plus de jours dans leurs banques de congés de maladie ou dans leurs journées de vacances. Il n’est pas normal que le personnel des CPE doive en payer le prix pour le bien collectif », affirme madame Duperré. Cette dernière rappelle que les membres du personnel du réseau de l’éducation peuvent compter sur le maintien de leur rémunération en cas d’isolement préventif lié à la COVID. « Le personnel des CPE est injustement traité », conclut Nathalie Duperré.

On sait qu’il y a plusieurs cas de COVID dans les CPE de la région du Saguenay – Lac-Saint-Jean. Contrairement aux écoles, il n’y a cependant pas de compilation officielle des cas dans les CPE, ce qui contribue à l’inquiétude du personnel. Un sondage de l’INSPQ montre d’ailleurs que les répondants dans les écoles primaires et les services de garde éducatifs sont plus anxieux et inquiets par rapport au coronavirus que la population en général.

Du côté des paramédics

« Nous comprenons les revendications des travailleuses en CPE, car nous avons déjà décrié cette situation que nos paramédics vivent dans la région. En effet, en avril dernier nous sortions sur la place publique pour dénoncer le fait que des paramédics n’étaient pas payés lors d’isolement préventif pour cas de COVID, explique Jean-Daniel Tremblay, président du Syndicat des paramédics Saguenay – Lac-Saint-Jean-Nord FSSS-CSN. Jusqu’à hier, un seul employeur de la région refusait de payer ses travailleuses et ses travailleurs s’il y avait obligation d’isolement préventif. Nous sommes consternés de la décision des autres employeurs de la région de suivre le pas. Ils ont fait le choix de se mettre plus d’argent dans les poches que de s’assurer de la sécurité de leurs travailleurs et de la population! C’est encore plus injuste quand on sait que la majorité des paramédics de la province ne vivent pas cette injustice. » constate monsieur Tremblay.

« Les travailleuses et les travailleurs du secteur de la santé et des services sociaux ont une rémunération lors d’isolement préventif, car ils ont un contact direct avec les patients. Cependant, n’oublions pas que ce sont nous, paramédics, qui allons chercher ces mêmes patients soit dans les CHSLD ou chez eux pour les amener à l’hôpital. Nous sommes en contact direct avec les patients et nous avons à entrer dans les différents établissements. » conclut Jean-Daniel Tremblay.

Personnel épuisé et manque d’écoute

Alors que le personnel des CPE est déjà épuisé, la récente annonce de l’interdiction des réunions de famille pour les Fêtes a eu l’effet d’une nouvelle douche froide. Le gouvernement aurait pu prévoir la fin du service habituel en même temps que la fermeture hâtive des écoles. « Que ce soit au sujet des congés en raison de la COVID ou concernant d’autres aspects, l’imposition de décisions sans consultation contribue à miner le moral des travailleuses des CPE. Le ministre Lacombe doit absolument reprendre les rencontres courantes avec ses partenaires qui ont pris fin en août dernier », insiste Guillaume Wilson-Patry, vice-président régional de la FSSS–CSN.

« Le gouvernement doit donner un coup de barre pour rassurer le personnel des CPE du Saguenay – Lac-Saint-Jean et envoyer un signal fort afin d’éviter que plus de travailleuses ne quittent nos CPE », demande Manon Tremblay, présidente du Conseil central des syndicats nationaux du Saguenay – Lac-Saint-Jean CSN. « Les paramédics de la région ont revendiqué la même chose que le secteur public au printemps et il est questionnable de voir que les employeurs de la région s’isolent en ne payant pas ses paramédics lors d’isolement préventif » déplore madame Tremblay.

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