Les étudiants de l’UQAC manifestent pour la rémunération des stages
Saguenay, le 10 novembre 2025 – Le Mouvement des associations générales étudiantes de l’Université du Québec à Chicoutimi (MAGE-UQAC) a affrété aujourd’hui un autobus d’étudiantes et d’étudiants à destination de Québec afin de participer à une manifestation devant l’Assemblée nationale. Par cette action, la communauté étudiante de l’UQAC souhaite mettre en lumière une réalité toujours d’actualité : en 2025, des milliers d’étudiantes et d’étudiants réalisent encore des stages sans aucune rémunération, malgré leur contribution essentielle aux milieux d’accueil.
Dans notre université, ces stages concernent notamment les programmes d’enseignement, de psychoéducation, de travail social et du secteur de la santé — des domaines à forte majorité féminine, où la reconnaissance économique demeure historiquement faible. Pourtant, ces stagiaires jouent un rôle central dans le bon fonctionnement des organisations, soutenant les équipes déjà surchargées et contribuant directement à la qualité des services offerts à la population.
Les stages exigent souvent un investissement équivalant à un emploi à temps plein sans compter la préparation, les suivis et les évaluations, rendant difficile, voire impossible, le maintien d’un travail rémunéré sans compromettre la qualité de la formation. Cette réalité plonge de nombreux étudiants dans une grande précarité, forcés de choisir entre leurs besoins essentiels et leurs études. L’épuisement, le découragement et la détresse financière qui en découlent nuisent non seulement à leur santé psychologique, mais aussi à la qualité même de leur apprentissage.
Cette réalité s’inscrit dans un contexte plus large de fragilisation de la condition étudiante. Selon une étude de l’Union étudiante du Québec (UEQ) publiée en 2024, près d’un étudiant sur deux (49 %) a connu de l’insécurité alimentaire au cours de la dernière année. Le retrait du programme de bourses Perspectives par le gouvernement du Québec n’aide pas cette situation: une coupure de 250 millions de dollars par an, soit près des deux tiers du coût estimé pour rémunérer les stagiaires (388 M$) à l’échelle du Québec.
Il est important de rappeler que depuis 2023, deux motions unanimes ont été adoptées à l’Assemblée nationale du Québec en faveur de la rémunération des stages. L’ensemble des partis reconnaissent la nécessité d’agir. Le consensus existe — il ne manque plus que la volonté politique de passer à l’action.
« Le message des étudiants est clair : assez de promesses, il faut maintenant des actions. Former la relève, c’est aussi lui permettre de vivre dignement pendant sa formation », déclare Sadou Diallo, Coordonnateur général du MAGE-UQAC.
À moins d’un an des élections provinciales, le MAGE-UQAC invite l’ensemble des partis politiques à prendre position clairement sur la rémunération des stages et nous espérons que cet enjeu figurera sur la liste des préoccupations lors de la prochaine campagne électorale.
Les étudiantes et étudiants de l’UQAC lancent un message clair : les stagiaires ne réclament pas des privilèges, simplement le droit d’apprendre et de contribuer dans la dignité, sans s’appauvrir pour servir la société de demain.
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