Le regard de Divers’icitte – L’inclusion authentique fait des ambassadeurs et ambassadrices

Chronique de Madame Valérie Mvogo Balla, fondatrice de Divers’icitte Conseil

On parle souvent d’inclusion comme d’un enjeu collectif, une responsabilité des institutions, entreprises ou écoles. C’est vrai. Mais l’inclusion commence aussi dans un lieu bien plus intime : la famille.

Ce qu’on transmet à nos enfants façonne le monde qu’ils bâtiront demain. Semer l’ouverture d’esprit, le respect et l’hospitalité, c’est offrir des racines solides à la communauté.

Je pense à Manon. Mon amie, ma première voisine au Québec. Une femme de cœur, qui vivait l’inclusion sans grands discours, mais avec générosité. Elle a transmis ces valeurs à ses enfants comme on transmet le goût du partage.

En juin 2025, une amie d’origine chinoise me montre les photos du bal de son fils de 16 ans. J’y reconnais un jeune homme : le fils de Manon. Ce lien, né entre leurs enfants, en dit long. Le fils de Manon avait accueilli l’autre naturellement, sans vouloir l’assimiler. Et aujourd’hui, ce jeune de 16 ans s’investit activement dans sa communauté. L’inclusion circule ainsi : discrètement, mais puissamment.

Je pense aussi à mes enfants, 12 et 14 ans, qui passent leurs étés à entraîner les plus jeunes au soccer. Ils redonnent à la communauté, non parce qu’on leur demande, mais parce qu’ils ont appris que faire équipe, c’est aussi inclure. Ils incarnent cette diversité d’icitte, vécue, transmise, partagée.
Et puis il y a ces gestes simples. Comme aller chercher mes enfants à l’arrêt d’autobus, à dix minutes de marche. Ils aimeraient rentrer seuls, mais entre la vitesse des voitures et l’absence de trottoirs, je préfère les conduire. Depuis deux ans, je demande que la STS ajuste le trajet. En attendant, j’assure leur sécurité… et celle d’un autre jeune du quartier qui fréquente la même école secondaire. Ce geste banal m’a transformée en ambassadrice de l’inclusion, sans le vouloir. Dernièrement, une autre maman m’a proposé d’alterner avec moi parce que sa fille va aussi intégrer cette école secondaire. Dans un quartier où ma famille est la seule famille noire, ce petit geste tisse des liens.

Depuis mon arrivée au Saguenay–Lac-Saint-Jean, je m’investis pour que les espaces décisionnels reflètent mieux la diversité de nos communautés. Être souvent la première, parfois la seule, demande du courage, de la persévérance. Mais l’inclusion ne peut se résumer à de belles intentions : elle prend vie lorsqu’on reconnaît ceux et celles qui agissent déjà sur le terrain. Comme le 20 juillet dernier, à La journée interculturelle du Festival des Rythmes du Monde, où Marcellin Gbazai a été mis de l’avant. Grâce à son travail, le public a pu ressentir, entendre, vivre ce qu’est le véritable rythme du monde.

Imagine un instant que ton enfant, ou ton petit-enfant, grandisse dans une famille métissée. Blanche-Noire, Asiatique-Autochtone, peu importe. Une famille porteuse de plusieurs mondes.

Alors oui, bâtir une société plus juste passe aussi par-là : ce qu’on dit à nos enfants, ce qu’on leur montre, ce qu’on leur laisse comme exemple.

Parce qu’au fond, quand l’inclusion prend racine dans la famille, elle finit toujours par fleurir dans la communauté.

Je te laisse avec cette question : quelles valeurs transmets-tu à tes enfants, à tes petits-enfants, par tes gestes, tes mots, tes silences ?

Continuons la conversation ensemble, le 9 octobre à l’Hôtel La Saguenéenne. Plus d’infos à venir sur mes réseaux sociaux.

Valérie Mvogo Balla, Ph. D.
Divers’icitte Conseil
https://www.diversicitte.ca/


Les trois (3) dernières publications:


Merci de supporter RueMorin.com en vous abonnant à son infolettre sur la page principale du site. Autrement, nous sommes aussi sur Nextdoor, Mastodon, Qlub et Bluesky

1 Rétrolien / Ping

  1. Unissons Saguenay – RueMorin.Com

Laisser un commentaire