« Une option pour Saguenay »

Capsule rédigée par Marc-Urbain Proulx, UQAC

Une question qui se pose actuellement à Saguenay concerne l’impulsion
du secteur « tertiaire supérieur ». Cette grappe de talents divers représente
le moteur du développement des villes postindustrielles.

Les villes comme Saguenay sont responsables de la qualité du cadre de vie des citoyens. Sont en ce sens desservis divers services reliés à l’hygiène publique, la voirie, la culture, les loisirs. Elles exercent aussi des fonctions plus complexes comme la sécurité publique, le transport collectif, l’aménagement du territoire. Certaines villes en difficultés économiques comme Baie-Comeau, Shawinigan et autres Matane initient de nouveaux services aux entreprises. Ici on mise sur un incubateur d’initiatives, là sur la prospection professionnelle d’investissements, et là encore sur la concertation élargie, le soutien à l’innovation, la mobilisation communautaire, un mécanisme de créativité.

À Saguenay, il va sans dire que le vieux rêve industriel en regard d’une « Chicago-du-Nord » demeure présent dans l’esprit de la cité. Depuis l’ouverture du port de Grande-Anse en 1985, cette ambition fut renouvelée et outillée. En considérant les efforts consentis depuis, notamment dans le champ de l’aluminium, on constate que les résultats sont limités. Et ce malgré l’importante richesse que génère le bassin régional de ressources naturelles. Néanmoins, le vieux rêve collectif fut transcendé par la mise en place d’un service d’accueil des navires de croisières. On comprend cependant que ce nouveau créneau certes bienvenu n’est aucunement suffisant pour relancer le développement de Saguenay.

Or, les immobilisations de la grande industrie se font de plus en plus rares en régions. On le constate avec le Plan Nord. Certes les commerces et les services y prospèrent, mais demeurent peu structurants pour les économies locales. Quant au secteur manufacturier bien présent en Beauce, dans les Bois-Francs, en Estrie, il ne franchit pas ou si peu les Laurentides. À l’évidence, ville de Saguenay nécessite de nouvelles avenues.

Le vrai moteur actuel de développement au sein des villes postindustrielles s’inscrit largement dans le secteur « tertiaire supérieur ». Ses effectifs créent et alimentent de initiatives économiques, sociales et culturelles. Les acteurs de ce moteur se retrouvent dans les services spécialisés comme le génie, la santé, l’architecture, la finance, le juridique, la gestion, l’arpentage, la comptabilité, la haute technologie y compris le numérique. Les grappes de tertiaire supérieur incluent aussi et non les moindres les artistes, les agents culturels, les journalistes, les professeurs ainsi que les divers chercheurs en activité. Il devient indiqué que les villes se préoccupent explicitement de ce groupe de professionnels expertisés qui représente entre 15% et 25% de leurs emplois généralement en multiplication.

Avec son ratio de 18% pour cette expertise cruciale, Saguenay pourrait intervenir adéquatement en s’inspirant de la théorie urbaine et/ou de l’observation des stratégies adoptées ailleurs. Il serait sans doute pertinent aussi de faire appel aux acteurs saguenéens de cette nébuleuse de talents. Pourquoi ne pas inviter systématiquement ces experts à la réflexion collective par petits groupes ciblés sur des enjeux concrets pour le milieu ? Il existe à cet effet des méthodes de mobilisation et d’interaction de qualité capables de générer des idées nouvelles pouvant conduire à la conception de nouveaux projets et initiatives. Le défi du « tertiaire supérieur » nous apparait tout à fait à la portée de ville Saguenay.

 



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3 Commentaires

  • J’aimerais porter à l’attention des lecteur mon point de vue en tant que candidat du Parti vert du Canada pour ces générales de 2021. Il est très intéressant de revoir ces informations historiques à propos de la région, se voulant très industrielle. Je crois que nous pouvons créer des revenus pour les citoyens, c’est ce que tout le monde souhaite sans l’exprimer tel quel. Le domaine de l’environnement est source de revenu. J’ai promis aux électeurs de réduire les déchets s’ils m’élisent. Les outils auquels je pense obligent la revente accrue, grace à internet, d’articles et d’objets de toute sorte. Ceci pourrait se faire au lieu de la mise au rebuts. Les sources de revenus sont infinis selon cette manière de penser et de planifier l’économie.
    Les avenues pour améliorer les sources de revenus sont multiples en tournant nos efforts selon un point de vue écologique. L’environnement n’est pas qu’un poids pour l’économie d’aujourd’hui. La protection de l’environnement est un outil de revenu immédiat, ainsi qu’une promesse de vie potable pour nos enfants.

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