Grève dans les cégeps

Près de 1000 enseignant.es (FNEEQ-CSN) exigent mieux pour le réseau collégial

Saguenay, le mardi 11 mai 2021 – Alors que le gouvernement Legault continue de multiplier les opérations de communication concernant la négociation du secteur public, les syndicats de profs des cégeps d’Alma, Chicoutimi, Jonquière, St-Félicien et le CQFA affiliés à la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN) entament une grève dès ce midi, et ce, jusqu’à jeudi midi. Pour leurs membres, plutôt que de miser sur les relations publiques, ce dernier doit prendre acte des besoins dans le réseau collégial et cesser de gérer les services publics selon ses seules priorités électorales.

Des revendications pourtant cohérentes avec les objectifs du gouvernement
Les enseignant.es de cégep dénoncent le manque d’ouverture et le refus d’entendre le bien-fondé de nombreuses demandes, alors que celles-ci permettraient de contribuer à l’atteinte des objectifs en éducation du gouvernement.

« On ne fait pas la grève de gaieté de cœur, mais parce que, là, on sent que le gouvernement nous pousse à bout et persiste à faire la sourde oreille. Nous constatons au quotidien une série de problèmes qui touchent les conditions d’enseignement et d’apprentissage, et nous souhaitons y apporter des solutions pérennes », explique France Devin, présidente du Syndicat du personnel enseignant du Collège de Chicoutimi (FNEEQ-CSN).

« À titre d’exemple, la formation continue permet de former des éducatrices en CPE, des infirmières et des technicien.nes du réseau de la santé ou encore des technicien.nes en ingénierie tout comme plusieurs autres professionnel.les dispensant des services à la population et participant même à la relance économique. Or, enseigner à la formation continue, c’est donner le même cours qu’un.e enseignant.e au régulier pour 50 % du salaire. Ce n’est pas attrayant et nous allons avoir de plus en plus de difficulté à attirer des personnes qualifié.es pour assurer ces formations. Pour renverser la vapeur, le gouvernement doit bonifier la rémunération des chargé.es de cours à la formation continue », ajoute Frédérick David, président du Syndicat du personnel enseignant du Cégep de Jonquière.

« Du côté des programmes de techniques lourdes de la santé, on entend le même son de cloche avec un manque de ressources qui a des conséquences très concrètes. Cet état de fait alourdit considérablement la tâche et complique l’attraction d’infirmières enseignantes, par exemple, et ce, alors que ce sont des disciplines en grande demande et en contexte de pénurie dans le réseau de la santé. Cette situation est préoccupante et des sommes supplémentaires sont exigées afin de répondre aux besoins criants dans ce secteur de formation », précise Nathalie Munger, présidente du Syndicat des enseignantes et enseignants du Collège d’Alma.

« Il est inquiétant de constater que le gouvernement ne prend pas la pleine mesure des effets de la pandémie sur les personnes qui s’apprêtent à entamer des études collégiales. En ce moment, nous revendiquons plus de ressources afin de mieux encadrer les étudian.tes avec faible moyenne générale au secondaire (MGS) de même que celles et ceux qui se trouvent en situation de handicap. Les cohortes qui entreront dans nos collèges sont les élèves de 4e et 5e secondaire de cette année, soit les plus affecté.es par la pandémie. Les retards s’avéreront importants et les ressources devront être au rendez-vous pour les soutenir. Un gouvernement qui fait de l’éducation une priorité doit donc entendre ces préoccupations » – commente Vincent Maillot-Larouche, présidente du Syndicat des enseignantes et enseignants du Cégep de St-Félicien.

La liberté académique (liberté d’enseignement, liberté de recherche et de création, liberté d’expression) est protégée et reconnue pour les professeur.es et chargé.es de cours à l’université. Or, même si les enseignant.es du réseau collégial font partie de l’enseignement supérieur, il n’existe rien de tel dans leur convention. C’est une situation qui s’avère problématique et qui mérite d’être corrigée dans le cadre de l’actuelle négociation.

« Qu’attend le gouvernement pour entendre les enseignant.es du réseau collégial ? Nos cégeps ont une grande importance socio-économique pour la vitalité de la région et on doit faire le nécessaire pour soutenir le réseau. Après 18 mois de négociation, faire la sourde oreille ne représente pas une option et nous allons nous assurer que ce gouvernement entende la justesse de nos demandes » – Manon Tremblay, présidente du Conseil central des syndicats nationaux du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Cette importante mobilisation a également pour objectif de rappeler au gouvernement qu’il doit redresser la barre en matière de rémunération dans les services publics, où l’on trouve notamment une très forte proportion de travailleuses. Pour y arriver, la CSN revendique un mécanisme de protection du pouvoir d’achat et des augmentations de 2 $ de l’heure la première année de la convention, ainsi que le montant le plus avantageux entre 0,75 $ de l’heure ou 2,2 % pour les deux années subséquentes.

Le secteur public de la CSN a maintenant tous ses mandats de grève
« Aujourd’hui, c’est le début d’un vaste mouvement à la CSN, alors que des mandats de grève ont été adoptés dans tous les secteurs que nous représentons dans les services publics. Ce mouvement indique que nous en avons marre d’entendre le premier ministre dire qu’il a été patient, alors que son gouvernement reste campé sur ses positions depuis 2019. Les travailleuses et les travailleurs voient très clairement, qu’en ce moment, celui-ci préfère investir l’argent des contribuables dans des campagnes de publicité pour vanter son offre, au lieu de l’investir là où il doit l’être : dans les services à la population. Pourtant, aucune stratégie de relations publiques, ni aucune campagne publicitaire ne pourront mettre en veilleuse ce que l’on sait trop bien et que l’on répète depuis le début de la négociation : il est urgent d’améliorer les salaires et les conditions de travail dans les services publics, car il y a des graves problèmes de surcharge, d’attractivité et de rétention de la main d’œuvre. Le gouvernement doit donner un coup de barre, sans quoi nous en paierons collectivement le prix », conclut Caroline Senneville, vice-présidente de la CSN.

 


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