Budget 2026

« Ce budget s’autodétruira dans quelques semaines », prévoit le Parti Québécois

Québec, le 18 mars 2026 – Le député de Jean-Talon et porte-parole du Parti Québécois pour le Conseil du Trésor et l’Efficacité gouvernementale, Pascal Paradis, ainsi que la députée de Chicoutimi et porte-parole aux Infrastructures, Marie-Karlynn Laflamme, croient que le dernier budget de la CAQ avant l’élection générale n’est pas cohérent avec la vision promue par les aspirants au poste de premier ministre.

« Alors que Bernard Drainville et Christine Fréchette joignent maintenant leur voix à nos critiques du bar ouvert des subventions et des investissements au pif du gouvernement, ce budget fonce tête baissée dans la même direction. C’est comme dans Mission : Impossible : ce budget s’autodétruira dans quelques semaines », caricature Pascal Paradis.

En effet, le budget 2026-2027 consacre à nouveau la vision caquiste de l’économie, portée notamment par Pierre Fitzgibbon, François Legault et Christine Fréchette pendant qu’elle était ministre, basée sur un interventionnisme sans limite du gouvernement. Loin de s’éloigner de cette logique, l’exercice budgétaire l’amplifie en prévoyant 1,7 G$ en budgets d’intervention économique, et on peut même y lire que « Le gouvernement se donne également une capacité d’intervention additionnelle qui pourra atteindre 2 milliards de dollars », pour un total de 3,7 G$ (page A.6).

De manière générale, ce budget résume bien les 8 ans de gouvernance caquiste, pour qui l’objectif principal en matière économique aura été de réduire l’écart de richesse avec l’Ontario.

« La croissance du PIB par habitant en Ontario a été négative. La CAQ s’enorgueillit d’avoir battu la croissance économique d’un pays, le Canada, qui se situe pratiquement au dernier rang mondial en matière d’augmentation du niveau de vie au cours de la dernière décennie. Comparativement aux pays de l’OCDE, la croissance du niveau de vie au Québec depuis l’arrivée au pouvoir de la CAQ se retrouve littéralement tout en bas de de la liste. Je ne peux pas concevoir que la CAQ, après huit ans au pouvoir, se vante de cela », explique Pascal Paradis.

Fonds Fréchette-Drainville

De plus, le Parti Québécois questionne fortement l’existence d’une provision occulte de 250 M$ par an — 1,25 G$ sur 5 ans — pour les candidats à la direction de la CAQ.

« Le ministre Girard met à la disposition de Bernard Drainville et Christine Fréchette un montant colossal pour leurs programmes électoraux, qui n’était même pas spécifiquement identifié dans les documents budgétaires du gouvernement du Québec. C’est le ministre lui-même qui en a fait l’annonce aux médias. Pire, il a admis que, si ça ne suffit pas, il pourrait piger dans la provision pour éventualité. En réalité, la CAQ s’est constitué un fonds électoral à même les fonds publics », dénonce Pascal Paradis.

Infrastructures

En ce qui concerne le Plan québécois des infrastructures 2026-2036 (PQI), le Parti Québécois souligne l’augmentation de la part des investissements dans le maintien des actifs, la faisant passer de 64 % à 71 %.

« On demandait que le gouvernement se concentre sur le maintien d’actifs et il semble que leur part dans le PQI ait augmenté ; c’est un pas dans la bonne direction. Pour certains postes, comme en éducation, on parle même de 78 % en maintien des actifs. Là où le bât blesse, c’est que je constate que le PQI demeure un stationnement à projets. Lorsqu’on compare le plan de 2025 avec celui de 2026, on a pratiquement des formules copier-coller pour annoncer des projets qui, on le sait maintenant, n’ont pas avancé. L’HMR en est un bon exemple ; le bloc opératoire chez nous, à l’hôpital de Chicoutimi, dans le PQI depuis 2013, en est un autre. Bref, on va le croire quand on va le voir, parce que le PQI demeure sous la CAQ un exercice politique », tranche Marie-Karlynn Laflamme. Un gouvernement du Parti Québécois va dépolitiser le PQI et priorisera les projets selon la vétusté, l’achalandage et les besoins de la population pour aller de l’avant, rappelle également la députée de Chicoutimi.

Déficit

Le député de Jean-Talon était par ailleurs soulagé que le déficit, initialement prévu à 13,6 milliards de dollars pour l’exercice qui vient de se terminer, soit finalement sous les 10 G$.

« Nous avons un déficit bien plus bas que ce qui avait été prévu initialement, soit un déficit de 9,9 G$. On tient à reconnaître les efforts réalisés. Malheureusement, ça demeure un déficit qui est beaucoup trop gros. L’ampleur de celui-ci, alors que la CAQ en est à sa huitième année au pouvoir, démontre largement son échec et son incapacité à gérer l’État comme elle l’avait tant promis aux Québécois. Le principal responsable de la situation financière, ce n’est pas la mauvaise conjoncture, c’est bel et bien le gouvernement de la CAQ, qui a gaspillé notre argent dans le bar ouvert des subventions aux entreprises, le fiasco SAAQClic, la croissance historique de la bureaucratie et des chèques électoralistes », énumère Pascal Paradis.

Quelques déceptions et quelques bons coups

Les péquistes notent également que le gouvernement promet des mesures cumulant 228 M$ pour les communautés forestières et l’industrie, une bonne décision, mais qui pâlit devant d’autres décisions récentes de la CAQ.

« Une filière qui fait vivre plusieurs dizaines de milliers de personnes au Québec depuis des siècles mérite qu’on s’y attarde, mais, lorsqu’on compare avec l’investissement de 275 M$ dans Nemaska Lithium — le mois dernier uniquement ! — on constate que ce gouvernement a choisi son camp », croit Marie-Karlynn Laflamme.

Celle-ci salue également le feu vert à la zone d’innovation minière de Rouyn-Noranda, un projet que soutenait le Parti Québécois, mais elle constate à regret que le centre d’innovation de l’aluminium, promis par la CAQ en 2022, passe à nouveau son tour.

Les montants en culture, y compris le crédit d’impôt pour les médias, sont une bonne nouvelle. Les sommes promises en itinérance sont également les bienvenues. Le Parti Québécois applaudit également la reconduction du Programme d’accès à domicile (PAD) et le soutien aux maisons d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale.

Le véritable manque à gagner

Le ministre Girard a partiellement accédé à la demande du Parti Québécois pour une comptabilisation du coût des refus du fédéral aux demandes du gouvernement du Québec.

« Bien qu’on salue qu’il ait nommé et partiellement chiffré les sommes manquantes en santé et en immigration, on croit qu’il aurait également pu comptabiliser l’ensemble du manque à gagner, qu’on estime à plus de 15 G$. Par exemple, en 2025, notre Assemblée a voté à l’unanimité pour que soient récupérés les 814 millions de dollars d’impôts des Québécois ayant financé les chèques électoraux de la taxe carbone partout ailleurs qu’au Québec. Cet argent aurait pu servir à lutter contre l’iniquité du prix à la pompe ou réparer nos hôpitaux », réitère Pascal Paradis, rappelant au passage qu’on ne trouve rien sur le coût de l’essence dans le budget.

Enfin, rappelons que l’indépendance du Québec marquera la plus grande opération jamais entreprise pour réduire la bureaucratie, et éliminer le gaspillage, les dédoublements inutiles et les chevauchements.

« Pour la CAQ comme pour le Parti libéral de Charles Milliard, c’est comme si les 90 milliards de fonds publics québécois envoyés au gouvernement fédéral n’existaient pas. Pourtant, en l’espace de huit ans, le Canada a augmenté la taille de sa fonction publique de 42 % alors que la qualité déjà limitée des services offerts s’est lamentablement dégradée, au fil de désastres administratifs et de scandales financiers. Les Québécois paient entre autres pour deux ministères de la Santé, de l’Agriculture, des Finances, de la Culture, de l’Habitation, des Ressources naturelles, de l’Environnement. Ils envoient aussi inutilement deux déclarations de revenus chaque année. Nous sommes les seuls à donner l’heure juste aux Québécois et nous continuerons de le faire », conclut Pascal Paradis


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