Jacques Pelletier, candidat à la mairie de Saguenay

Initiative / projet d’information de RueMorin.com – Élections municipales 2025 à Saguenay (mairie)

Chers concitoyens,

Je me présente. En tant qu’ingénieur et administrateur, j’ai œuvré près de 40 ans au sein de diverses entreprises manufacturières de la région. Je participe activement, depuis plus de quinze ans, à la vie municipale. J’estime avoir toutes les compétences et l’énergie nécessaires pour travailler au développement de cette collectivité.

Oui, nous demeurons dans une région grandiose et, pris individuellement, nous sommes heureux de vivre dans des quartiers propres et sécuritaires. Mais, là n’est pas la question. Par la présente, j’adresse un message solennel et pressant aux citoyens et citoyennes de cette ville pour qu’ensemble nous puissions nous attaquer aux problèmes structurels et de gouvernance qui minent insidieusement, depuis sa création, la principale agglomération du Saguenay.

En 2001 le gouvernement du Québec nous imposait la fusion alors qu’elle ne faisait nullement consensus. Appuyés par leur population respective, le maire de Jonquière refusait et je cite « de s’aplatir devant le rouleau compresseur de ville Saguenay » et celui de La Baie déclarait qu’on « a imposé du mur à mur et rien d’autre que du mur à mur ». Deux options s’offraient alors à nous : la fusion ou la formation d’une communauté urbaine. Il est évident qu’on a fait le mauvais choix.

On a créé une ville atypique et dysfonctionnelle. Cette ville est trois fois plus grande que toute autre ville de plus de 100 000 habitants. On y a regroupé 3 villes importantes auxquelles on a greffé 3 municipalités rurales alors qu’en 1999, le mandataire du gouvernement soulignait qu’« il ne s’agit pas ici de renforcer une ville en lui joignant quelques municipalités rurales sous prétexte d’atteindre le but du gouvernement en diminuant simplement le nombre de municipalités ». Je pourrais ajouter sous prétexte d’en faire une ville de plus de 150 000 habitants. Et c’est pourtant ce qui s’est produit. On a regroupé des municipalités urbaines ou rurales éloignées les unes des autres de 8 à 15 km. Peut-on parler alors d’une ville lorsque seulement 13 % du territoire est urbain?

L’ancien maire de Chicoutimi nous vendait la fusion comme la seule solution valable pour diminuer notre compte de taxes, pour relancer l’économie, pour donner des services de plus grande qualité et j’en passe.

La réalité est toute autre :

  • Augmentation ridicule de 1 100 habitants depuis 2002 alors que Sherbrooke voit la sienne augmenter de 43 000, celle de Lévis de 24 000 et celle de Trois-Rivières de 16 000.
  • Depuis 2003, la richesse foncière, en valeur constante, pour le commercial et l’industriel a augmenté de 3 % alors que celle de Lévis a augmenté de 168 %, celle de Sherbrooke de 98% et celle de Trois-Rivières de 74%. Un gouffre en termes revenus de taxes foncières.
  • Saguenay a le plus haut ratio d’endettement total net à long terme par rapport à l’évaluation foncière soit 3.36$/100$ évaluation contre 2.46 $ à Lévis, 2.17 $ à Trois-Rivières et 1.75 $ à Sherbrooke.
  • Pendant que ces villes enregistrent des diminutions de leur taux d’endettement jusqu’à 49 % à Trois-Rivières, Saguenay voit la sienne augmenter de 51 % depuis 2007.
  • Saguenay accuse des charges annuelles de financement de l’ordre de 23 M$ soit 9 M$ de plus que dans ces autres villes.
    Saguenay enregistre un déficit accumulé de fonctionnement avant ajustements à des fins fiscales de 200 M$ alors que les autres villes enregistrent des surplus accumulés de 20M$ à 60 M$. De quoi s’offrir un nouvel amphithéâtre sportif ou culturel.
  • Les deux administrations qui ont suivi celle de Jean Tremblay ont dû mettre les bouchées doubles pour tenter de rénover les infrastructures de la ville. On se retrouve avec une dette de plus de 700 M$ et on n’a pas de liquidité pour investir dans d’autres projets.

On reproche aux élus municipaux de ne pas collaborer au développement harmonieux de cette ville. Comment peuvent-ils le faire alors que le contexte géopolitique ne le permet pas? On a fusionné trois villes qui avaient chacune développé sur son territoire tous les services essentiels à sa population. Chacune avait ses spécificités mais elles se complétaient. Aucune d’entre elles n’était la banlieue de l’autre, ce que l’on observe ailleurs. Après 23 ans, le schéma d’aménagement urbain n’a pas changé, signe d’un immobilisme flagrant en matière de développement urbain.

Je considère que la fusion doit être sérieusement remise en question. D’ailleurs un rapport a été publié en 2020 relativement aux résultats des fusions au Québec, en Ontario et dans neuf autres pays et qui révèle et je cite « que dans la plupart des cas étudiés, les résultats montrent toutefois que les fusions municipales n’arrivent pas à générer les retombées attendues ». Le caractère atypique de Saguenay la classe la pire à ce sujet au Canada.

Naturellement une autre dimension affecte la rentabilité de cette ville soit la gouvernance et son approche pour le développement économique. En termes de gouvernance voici les mots à retenir et à améliorer: représentativité, imputabilité, transparence, compétence, efficience, efficacité, relation entre les intervenants, étalement urbain et rigueur financière.

En termes de développement économique, tout est à repenser après que Saguenay ait accordé, depuis, 2005, une aide de plus de 164 M$ à Promotion Saguenay, sans constater le moindre essor économique. D’ici 2041, on prévoit, pour le SLSJ, une diminution de la population de 2% alors que les autres régions verront la leur augmenter entre 8% et 13%. Donc si notre poids démographique diminue en sera-t-il ainsi de notre qualité de vie? Une chose est certaine, nous devons nous réveiller et ne pas attendre le Messie pour nous sortir de cette ornière. Notre territoire est riche mais encore faut-il que les citoyens en profitent. Il est temps que cela change.

La solution que je vous propose:

Une corporation régionale de développement qui sera l’unique porte-parole, reconnue à ce titre par les gouvernements supérieurs, pour identifier et transmettre nos priorités concernant nos grandes orientations de développement économique. Elle sera composée des députés provinciaux et fédéraux, des représentants de chacune des MRC, des nations autochtones, des institutions et des sociétés civiles. Son mandat principal sera de préparer et de présenter un plan de développement durable en matière de création d’entreprises manufacturières ou de services qui sauront perdurer tout en favorisant la propriété régionale.

En bref, mes énergies au cours des deux premières années du prochain mandat seront de :

  • Remettre en question la fusion de 2002 et d’élaborer un autre modèle de regroupement mieux approprié,
  • Améliorer sous tous ses angles la gouvernance de cette ville,
  • Promouvoir la création d’une corporation de développement économique pour en arriver à un développement cohérent et durable initié par les gens d’ici, pour les gens d’ici.

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