Chronique de Monsieur Pierre Demers, cinéaste et poète rouge d’Arvida
Génocide : extermination d’un groupe ethnique, social ou religieux.
-Larousse de poche, 2009
Génocide : destruction méthodique d’un groupe humain.
-Le Robert de poche, 2009
Je sais. C’est loin d’ici malgré le fait qu’on en parle aux nouvelles télévisées à chaque soir. La plupart d’entre nous n’y sommes jamais allés. Le bureau touristique de Gaza est fermé depuis un certain temps déjà. À part les journalistes qui veulent y risquer leur vie, peu d’étrangers, sauf les humanitaires, continuent d’y séjourner pour tenter de sauver des vies.
J’ai un ami qui s’est déjà rendu là à l’époque où les temps étaient moins massacrants. Il avait fait partie d’une délégation de la CSN pour aller saluer des militants humanitaires là-bas et constater les besoins des Palestiniens qui vivent renfermés sur un territoire qu’ils ne contrôlent pas vraiment.
Mon ami, Luc, prof d’anglais au cégep était revenu passablement retourné de ce voyage humanitaire. Il m’avait raconté que tous les étrangers qui voulaient entrer à Gaza étaient considérés comme des ennemis par les soldats israéliens qui ne se gênaient pas pour les intimider. Ici je pèse mes mots. L’intimidation peut prendre toutes sortes de formes quand on est dans la peau d’un soldat israélien convaincu de sa domination sur les autres. Il peut te faire attendre des heures avant de te dire d’avancer, de te questionner sur ton travail, tes origines, tes intentions et tes liens avec des gens qui vivent à Gaza. Ils peuvent te fouiller plusieurs fois, de pointer leurs armes sous le nez et rire aussi de ton accent si tu ne parles pas bien le français ou l’anglais. Bref, mon ami m’a expliqué que pour les soldats israéliens Gaza semblent leur appartenir sans le dire ouvertement. C’était il y a 20-25 ans de ça. Imaginez aujourd’hui.
Les soldats israéliens depuis le 7 octobre 2023 ne posent plus de questions. Ils tirent sur tout ce qui bougent à Gaza. Ils sont en mission de réparation pour venger l’attaque du Hamas qui a tué et pris en en otages 1218 israéliens (beaucoup de touristes de passage), en tout 251 enlèvements. Ça dure depuis ce temps-là.
Des chiffres maintenant. Tout de suite tout de même plus de 50 journalistes tués pendant qu’ils essayaient de rendre compte de ce qui se passait sur ce territoire. Des journalistes palestiniens en grande partie et des étrangers aussi. Israël et surtout le commandant Bibi n’aiment pas que le monde soit au courant de ce qui se passe là.
D’autres chiffres qui cette fois nous rend le mouvement de vengeance israélien complètement incompréhensible et franchement apocalyptique. Depuis le début de la riposte juive à Gaza 55,000 Palestiniens ont été tués par les bombardements et les tirs israéliens. La plupart des victimes (65%) sont des femmes et des enfants. Plus de 500, 000 Palestiniens sur une population de 2,4 millions ont été déplacés d’un village à l’autre, d’une zone à l’autre pour tenter souvent en vain d’éviter les bombes et les balles des soldats israéliens qui visent souvent les camps de réfugiés sans se gêner.
Un semblant de cessez-le-feu a été instauré au début de mars pour libérer le reste des otages, entre 20 et 50, vivants et morts. Mais depuis ce temps, Israël a bloqué systématiquement les vivres à Gaza. Plus de nourriture, plus d’eau, plus de médicaments, plus d’essence. «Crevez, vous le méritez tous» semble penser Bibi qui fait fi des avertissements et des dénonciations des organismes internationaux et de nombreux pays aui assistent à ce génocide amorcé depuis des mois, et quelques années déjà. Les bombardements et les tirs à Gaza presque complètement détruite continuent de tomber et tuer tous ce qui bouge.
Nous on regarde les nouvelles à la télé et on se demande quoi faire pour arrêter ce massacre d’enfants, de femmes, de vieillards qui comptent leurs morts en se levant chaque matin. Ce n’est sûrement pas le président des Etats-Unis qui fournit les armes et les munitions aux soldats israéliens qui va intervenir pour raisonner son ami Bibi. Il veut même transformer la bande de Gaza en station balnéaire pour ses amis millionnaires. Que faire devant ce massacre qui ne cesse de nous révolter?
Pour le moment, continuer de dénoncer haut et fort ce génocide. Et contredire les Israéliens purs et durs qui veulent encore nous faire croire qu’un génocide c’est quand toute une population est effacée de la carte. Faudra-t-il-attendre que les 2,4 millions de Palestiniens de Gaza soient tués un par un avant d’utiliser le terme? Affamer une population, la priver de tout c’est la tuer à petits feux. Je n’ai rien contre les Israéliens mais je vais leur rappeler Gaza le restant de mes jours.
N.B.
Si le lac pouvait parler… de Gérald Scullion (Focus no 28, novembre 1979)
Pour rendre hommage à Scullion (Gérald), j’ai pensé citer un extrait de son article qui portait sur l’eau-topsie du SLSJ dans la revue Focus. Gérald a collaboré régulièrement aux dossiers sur l’environnement de Focus avec des complices du temps, Jacques Dubuc, Jean-Guy Girard, Alan Mclean, Andrée Savard, Denis Trottier, entre autres. Ses propos sonnent encore très juste.
«Aucune étude n’existe en ce moment qui pourrait nous renseigner sur les impacts environnants qu’a eu la hausse artificielle de 17 pieds du niveau du lac Saint-Jean en 1924. Grâce à Mgr Victor Tremblay et à sa «Tragédie du lac Saint-Jean », nous avons pu prendre connaissance des conséquences sociales et économiques de l’exploitation du potentiel hydro-électrique du lac par la Cie Alcan. Entre autres, 60,000 acres des plus belles terres du lac furent inondées à jamais. L’INRS quant à elle s’en tire bien : «Nous avons cependant considéré ces changements comme irréversibles du système», dit-il en parlant du lac Saint-Jean.
Ce que nous savons maintenant c’est que l’Alcan est le grand manitou du lac Saint-Jean. En 1927, elle est devenue le propriétaire de la majeure partie des rives afin de ne pas avoir à payer d’éventuels dommages. Et elle a vu juste : les dommages sont nombreux et ne cessent de s’accélérer d’année en année.
En effet, on évalue à environ 20 à 25% le surplus actuel du volume estival d’eau par rapport à la situation qui prévalait avant 1924. Partout, les conséquences sont évidentes : lentement mais progressivement les rives du lac s’érodent, détruisant de magnifiques terres et endroits boisés en plus de gruger les plus belles plages sablonneuses du Québec.
Pourtant, des correctifs mineurs comme la diminution de deux pieds du niveau maximal du lac, amènerait un sérieux ralentissement de l’érosion artificielle des berges. Mais…l’Alcan réaliserait moins de profits (255 millions en 1978). Voilà un débat de fonds qui émerge; doit-on prendre les mesures pour permettre à 100,000 personnes (à part les touristes)
De jouir au maximum de la présence du lac ou encore de donner la priorité aux profits d’une multinationale opérant dans une trentaine de pays? Est-ce qu’un jour nous aurons l’opportunité de choisir?
Drôle de lac que le nôtre. On s’amuse avec comme si c’était un jouet, baisse ton niveau, monte ton niveau. On s’en sert comme poubelle et diluant, comme moyen de transport industriel, les plages y sont privées ou semi-publiques et on réussit quand même à attirer des dizaines de milliers de touristes en leur vendant comme on vend un «char». Si le lac pouvait parler…»
Salut Scullion, écolo de la première heure. Gérald était aussi militant antimilitariste. Il n’aurait sans doute pas trop aimé ce qui se passe actuellement à Gaza. J’espère enfin où il vient d’atterrir qu’il y a un petit lac ou une rivière à truites.
Pierre Demers, cinéaste et poète rouge d’Arvida
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