La couverture de la campagne

Chronique de Monsieur Pierre Demers, cinéaste et poète rouge d’Arvida

Pour avoir la couverture, va sous les draps
– proverbe québécois

Drôle de couverture des médias que cette campagne électorale fédérale. Les médias, les journalistes ne savent pas où donner de la nouvelle, du commentaire. Les sondeurs de même. Ils hésitent avant de commenter leurs chiffres. Bien entendu, comme dans toutes les campagnes, le favori de la course selon les sondages en prend pour son rhume. Carney mène devant Poildelièvre, c’est pas juste comme dirait Mario Dumont. Personne ne le connaît, il a plein de cadavres dans le placard qu’on n’arrive pas encore à identifier. Il baragouine difficilement le français. Il a spéculé dit-on sur des fonds de pension dans les paradis fiscaux aux îles MoukMouk. Il est ou très riche, ou pas assez pour affronter Trump et Musk. Il vient à peine de goûter à la poutine à Drummondville. Il n’a pas de résidence secondaire au Lac Saint-Jean ou sur les Monts Valin. Il n’est pas assez incarné comme dirait un Bloc d’ici obsédé par la couleur locale. Bref, il a tous les défauts pour qu’on le dénonce. D’autant plus qu’il mène dans les sondages. En temps d’élections, mener dans les sondages, c’est la poisse.

Mais les gens s’en foutent des défauts du favori jusqu’ici. Ils s’en foutent aussi des élections courantes. Toute la journée, les conférences de presse des chefs de partis se succèdent à un rythme d’épidémie. Les uns après les autres, ils nous promettent mer et monde et le reste avec. Ils se plantent à la file indienne, se dénigrent, se souhaitent tous les malheurs, toutes les malchances. Ce qu’ils ont dit la veille, ils ne s’en rappellent plus le lendemain. Auprès d’eux (Vous avez remarqué, les cheffes sont absentes), à gauche ou à droite du micro, des candidates ou des candidats sourient, font semblant d’admirer leur chef qui refuse de leur donner la parole et le micro, ils et elles sont les figurants d’un jour ou l’autre. Ce son t ces figurants-là que vous devrez élire. Le chef lui il a plus de chances que les autres parce que c’est lui qui rayonne à la télé et partout ailleurs.

De temps en temps, pour mêler les cartes, les pm provinciaux s’infiltrent dans la campagne pur nous signaler qu’ils existent encore. Qu’ils ont tout de même des électeurs à nourrir eux aussi. Des enjeux les concernant par la bande. Ils attendent l’invitation du pm canadien en place pour réagir, faire le beau ou la belle, apparaître enfin. Ils peuvent convoquer une conférence de presse si les médias ont encore une fenêtre.

De leur côté, les journalistes tentent de surprendre le public en avion, en bus ou lors des panels qui se suivent à la file plus qu’indienne. Ils spéculent comme ils doivent le faire pour remplir le temps d’antenne. Pour eux, une campagne électorale, d’ailleurs comme pour les médias, c’est le pactole. Le temps supplémentaire grimpe. Ils suivent les chefs en bus – sauf ceux qui couvrent Poiledelièvre qui les a évacués au départ- et rapportent tous leurs faits et gestes. Ce qu’ils trouvent d’attirant, de vendeur. Sans oublier les extraits de leurs discours préparés d’avance comme des plats réchauffés. Les messages publicitaires se bousculent à la radio, à la télé, dans les médias sociaux et sur les poteaux de téléphone. Mais on sent, on voit que le cœur n’y est pas tout à fait cette fois-ci. Ils ont la tête ailleurs.

Ce sont les conférences de presse quotidiennes du président orange qui les galvanisent. Je les comprends dans le fond. Le clown de Washington et de Mar-a-Lago est difficile à battre comme amuseur public. Son dernier jour de la libération, le 2 avril (Pourquoi ne pas l’avoir fait le 1e tant la démarche semble loufoque?) mérite tous les éloges si on le propose à un concours de politiciens crétins qui pètent encore une fois sa coche. Je me demande jusqu’où il va se rendre dans ce registre de «président des Etats-Unis qui dépassent les bornes pour attirer l’attention du monde.»

Il tient au moins une conférence de presse par jour. Tous les médias le couvrent, surtout les réseaux de télé continue. Autant CNN qu’Al Jazeera. On le voit en attente – dans le coin droit de l’écran- dans toutes les conférences de presse des candidats actuels de la campagne fédérale. Quand il commence à parler (J’allais dire à évacuer sa haine de tous les autres pays qui ne veulent pas l’appuyer dans sa démarche de contrôle absolu), automatiquement, on saute sur lui pour vérifier ses prochaines décisions improvisées.

On veut encore savoir où il veut se rendre dans la destruction des échanges internationaux et des règles du commerce mondial. Les bourses du monde ne dorment plus. Si le président orange a un plan préétabli, une vision générale de sa politique économique, celle-ci tient à peu de choses. Son vocabulaire est réduit à des expressions creuses, vides de sens. C’est voulu. Il ne s’exprime qu’en tweet. Il se répète à l’infini pour confirmer une xième fois de plus que son pays va faire payer les 185 autres qui en ont profité depuis trop longtemps. C’est tout. Comme s’il jouait à qui perd gagne. Vous payer nos droits de douane, nos nouveaux tarifs ou bien on ne vous protège plus. Contre quoi? On l’ignore. Sans doute un peu contre lui-même et son délire de président frustré d’avoir été jugé et condamné avant de tout faire effacer ça par ses juges de la Cour suprême.

Je me demande quel âge mental a ce président criminalisé? Le plus triste dans cette histoire, et c’est ça que je n’arrive pas à comprendre, tout le monde embarque. Tous le prennent au sérieux. Au lieu de se dire, surtout dans son propre pays, quand est-ce qu’on l’enferme ce gars-là comme dirait mon garagiste décontenancé? Quand est-ce qu’on sonne la sonnette d’alarme? Ça ne va pas durer quatre ans et plus ce cirque-là? On ne mérite pas ça. Vivement une autre pandémie.

Revenons à notre campagne électorale…

Des candidats régionaux de dernière minute se pointent le nez du côté du parti libéral. Des presqu’inconnus qui se révèlent. Le Bloc régional a dévoilé sa plateforme régionale. Le projet de GNL est écarté discrètement. On veut financier davantage les médias qui peinent à survivre et les artistes qui viennent de perdre leur conseil des arts désormais sous la tutelle de la ville. Celle-ci consulte la population sur le sujet. Seule Montréal et Saguenay avaient un tel organisme mis en place par les artistes eux-mêmes comme Pierre Dumont, le sculpteur et musicien. On y reviendra. Les promesses culturelles en temps de campagne ne lèvent pas les foules et encore moins les votes.

Autre nouvelle me concernant…le chef du parti vert a interdit aux candidats régionaux de parler aux journalistes. J’ai eu une bonne intuition de voter pour ce parti. Mon candidat ne fera pas de promesses qu’il ne pourra pas tenir. Le silence absolu comme slogan. On n’est pas loin d’une démarche rhinocéronienne.

Je retourne à la conférence de presse du président orange.

Pierre Demers, cinéaste et poète rouge d’Arvida


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