Techniciens paramédics en absences forcées par la COVID-19

Les employeurs choisissent le profit au détriment des risques de propagation

Chicoutimi, le 16 décembre 2020 — C’est par un geste symbolique devant les bureaux de l’Agence de santé et services sociaux régionale que les membres du Syndicat des paramédics Saguenay – Lac-Saint-Jean-Nord FSSS-CSN expriment leur mécontentement face aux décisions de leurs employeurs régionaux et du Ministère de la Santé et des Services sociaux.

Financés à 100% par des fonds publics, avec des revenus garantis dans des contrats à budget, les services ambulanciers dans la région sont soit propriété privée, soit propriété de coopérative de travailleurs. Bien qu’ils soient un maillon essentiel dans la chaîne des services de santé, les techniciens paramédics ne sont pas couverts par les décrets adoptés par le gouvernement concernant le maintien du salaire lors d’absences forcées par la COVID-19. Contrairement à la situation d’Urgence Santé où les paramédics sont intégrés au décret des travailleuses et travailleurs de la santé, dans la région, les employeurs privés doivent prendre eux-mêmes la décision de maintenir ou non le salaire de leurs salarié-es en isolement ou quarantaine, car le Ministère n’amène pas de soutien financier supplémentaire pour ces situations.

« Devant ce constat, une seule conclusion s’impose. Les employeurs de la région font le choix de protéger leur profit au détriment des risques de contamination. Conséquemment, ils rejettent l’entière responsabilité sur les épaules des travailleurs qui se retrouvent devant le dilemme suivant : demeurer à la maison et se priver de salaire ou aller travailler et risquer de transmettre le virus » affirme Jean- Daniel Tremblay, président du syndicat.

Par leurs fonctions, les paramédics doivent se rendre non seulement dans les bulles familiales, mais également dans les CHSLD et les RPA (résidences privées pour ainé-es). « À plusieurs reprises depuis le début de cette pandémie, le gouvernement a réaffirmé sa volonté de ne pas faire d’économie au détriment de la santé de la population. Par conséquent, il est illogique de ne pas couvrir ceux-ci avec les mêmes conditions que leurs collègues du réseau et de courir le risque de propager le virus. D’autant plus illogique, considérant la hausse du nombre de cas et des appels à prendre tous les moyens pour diminuer les risques. » de reprendre le président du syndicat.

« Presque tous les citoyens du Québec subissent les contrecoups de cette pandémie. Pour certaines entreprises, il y a des pertes de revenus alors que pour d’autres c’est carrément la faillite. Pourquoi les entreprises ambulancière seraient parmi les seules à voir leurs finances demeurer intactes? C’est d’autant plus choquant que ces revenus sont financés à 100% par ces mêmes personnes qui elles encaissent déjà tous les effets négatifs et devront faire des efforts pour se sortir de cette crise. Les entreprises ambulancières vivent dans le même monde que nous tous, en tant que citoyen corporatif. Ils doivent faire leur part et assumer une partie des inconvénients. Avec leurs contrats garantis, elles auront l’occasion de se reprendre » conclut monsieur Tremblay.

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