Mères au front Saguenay presse le gouvernement de mettre fin au bail de Rio Tinto sur la rivière Péribonka
Saguenay, 25 janvier 2026 – Mères au front Saguenay demande au gouvernement du Québec de :
- Prendre possession des barrages et des installations périphériques de Rio Tinto sur la rivière Péribonka
- Diminuer nos émissions de GES en utilisant l’hydroélectricité de la Péribonka, afin de hâter notre sortie des énergies fossiles (en modernisant les usines…)
- Exiger des retombées significatives des activités de Rio Tinto dans la région
La gestion de l’hydroélectricité est au cœur des enjeux environnementaux. Il est du devoir du gouvernement d’en user judicieusement et d’en faire profiter l’ensemble des Québécois.es pour assurer un avenir à nos enfants et petits-enfants.
Le gouvernement doit gouverner. Avec les barrages de la rivière Péribonka, il doit utiliser l’hydroélectricité pour :
- Accélérer la transition énergétique
- Réduire les GES
Le gouvernement doit de plus :
- S’assurer d’un juste prix pour l’électricité
- Exiger de l’entreprise qu’elle entreprenne la Phase III d’AP60
- Miser en priorité sur le recyclage de l’aluminium, puisque la refonte de ce métal n’exige que 5% de l’énergie nécessaire à sa première fusion (1)
- Voir au respect par toutes les entreprises, y compris les multinationales comme Rio Tinto, des normes d’émission polluantes fixées selon les critères scientifiques les plus rigoureux
Un levier vers la transition énergétique
La multinationale Rio Tinto se plait à parler d’aluminium vert, un aluminium issu des avantages hydroélectriques accordés par Québec. Toutefois, cette grosse fumée blanche qui sort des cheminées de Rio Tinto, ça n’est pas de l’oxygène. Rappelons qu’en 2011, le BAPE portant sur le projet des usines AP-50 (devenues AP-60) soulignait que pour chaque tonne d’aluminium produite avec l’électricité, trois tonnes de GES sont émises (2). Quelles mesures compensent cette pollution?
Par ailleurs, le rapport de la Direction des évaluations environnementales (ministère de l’Environnement) déposé au BAPE, précise que Rio Tinto « estime que la construction et l’exploitation de l’aluminerie AP60 feront en sorte que le Québec, et la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean plus particulièrement, deviendront la vitrine technologique du développement de cette technologie au cours des prochaines années. » (3) Mais qu’en est-il de la Phase III, prévue mais indéfiniment retardée?
Mères au front Saguenay estime que la pollution des usines de la multinationale Rio Tinto, et l’absence de projet concret pour réaliser la Phase III des usines AP60 (4), en plus des reports de construction et fermeture du Centre Électrolyse Ouest CEO maintes fois répétés, illustrent :
Le bris du pacte social entre la région et l’aluminerie
Autorisent nos dirigeants à agir
Leur procurent une occasion d’acquérir des leviers économiques utiles à la nécessaire transition énergétique
Pour toutes ces raisons, nous soutenons la récente demande du Mouvement Onésime-Tremblay à l’effet de prendre possession des barrages de la Péribonka.
(1) Dubuc, J. et Potvin M. (2025) « L’exploitation de notre eau par Rio Tinto », p. 64.
(2) BAPE rapport 274, mars 2011, Projet de construction de l’usine AP50 du complexe Jonquière à Saguenay p.47. Accessible en ligne : https://archives.bape.gouv.qc.ca/sections/rapports/publications/bape274.pdf
(3) BAPE, 2011-08-22, Direction des évaluations environnementales, Rapport d’analyse environnementale pour le projet de construction de l’usine AP60 du Complexe Jonquière à Saguenay par Rio Tinto Alcan Inc, Dossier 3211-14-031 p.16
(4) Baril, H. La Presse (2025, 31 octobre) « Pas de panique chez Rio Tinto », https://www.lapresse.ca/affaires/entreprises/2025-10-31/droits-de-douane/pas-de-panique-chez-rio-tinto.php (consulté en ligne le 2025-12-30).
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