Bloc Québécois

La forêt : l’identité et l’avenir de la région en jeu

Saguenay, le 4 septembre 2024 – Lors d’un point de presse détaillé tenu à Saguenay, le chef du Bloc Québécois, Yves-François Blanchet, accompagné de Marc St-Hilaire, candidat à l’investiture du parti dans Chicoutimi-le-Fjord, ainsi que des députés Mario Simard et Alexis Brunelle-Duceppe, ont élaboré sur la vision du Bloc Québécois en matière de forêt à court, moyen et long terme, insistant sur le fait que « la forêt est non seulement au coeur de l’identité québécoise, mais elle l’est particulièrement pour le Saguenay-Lac-St-Jean, et les défis y sont à la mesure des opportunités à saisir ».

Le Bloc Québécois soutient que l’économie des régions du Québec est non seulement tributaire des exceptionnelles ressources naturelles dont elles regorgent, mais aussi des initiatives à mettre en place et de l’entrepreneuriat à stimuler auprès des entreprises existantes comme des jeunes pousses, vers la transformation dans les régions et au Québec de ces ressources afin de stimuler la recherche et l’innovation, augmenter le nombre d’emplois à forte valeur ajoutée et développer des marchés d’exportation élargis.

« Cette vision de l’économie des régions est toutefois confrontée au défi de demeurer conciliable avec les enjeux environnementaux, explique Blanchet, lui-même ancien ministre de l’Environnement sous Pauline Marois, et en particulier les changements climatiques et leurs effets, les rejets dans les eaux, le sol et l’atmosphère et la préservation de la biodiversité. »

« La concurrence des juridictions entre les gouvernements du Québec et du Canada augmente le niveau de difficulté dans la réalisation de ces objectifs, ajoute Mario Simard. Pour l’instant, on doit faire avec ça, même si tous les attributs de la souveraineté seraient un avantage pour les régions et un modèle économique durable. Le dossier du caribou forestier a grandement souffert de ces difficultés, tant et si bien qu’après des dizaines d’années d’inquiétudes et de débats souvent stériles, somme toute rien n’a été fait. »

« La suspension de la menace de décret fédéral sur la protection forcée de l’aire de répartition du caribou forestier est une occasion à saisir, mentionne Alexis-Brunelle-Duceppe. Un tel décret ne serait pas légitime puisque l’aménagement forestier est une juridiction du Québec, ni pertinent parce qu’on ne peut pas simplement laisser la forêt en friche sans avoir, au contraire, des effets déplorables sur l’environnement forestier et la biodiversité. »

Selon les bloquistes, l’occasion est réelle pour le gouvernement du Québec d’initier une véritable conversation avec les acteurs impliqués dans les enjeux de la forêt, son aménagement et son exploitation : les entreprises forestières, les nations autochtones, les syndicats, les scientifiques et les élus régionaux. « Mes collègues et moi serons en soutien du milieu et du Québec dans ce contexte, suggère Marc St-Hilaire. C’est une juridiction du Québec, mais il y a de l’argent à Ottawa, et il faut aller le chercher pour la région. »

Le Bloc Québécois veut donc soumettre quelques pistes de réflexion aux acteurs qui reconnaissent leur devoir de trouver une solution qui non seulement stimule l’économie des milieux forestiers, mais qui assure aussi la préservation de la biodiversité, dont bien sûr celle du caribou.

La réflexion est basée sur l’idée d’une transition vers un nombre au moins équivalent sinon franchement supérieur d’emplois dans le milieu de la forêt et du bois, de la recherche, de l’innovation et de la transformation également liés à la forêt. Appuyés sur un fonds de financement et de transition géré par les régions, les initiatives et l’entrepreneuriat seraient soutenus par de l’encadrement, des prêts et des subventions. « À plus court terme, insiste Mario Simard, c’est de liquidités dont l’industrie a besoin. Des centaines de millions de dollars de l’argent des forestières sont retenus aux É.-U. alors que l’industrie est aux prises avec les défis de l’aménagement forestier et du caribou. Le fédéral ne peut pas simplement regarder les emplois être perdus. »

« Le pire, ce sont les tarifs punitifs infligés illégalement par les États-Unis, s’insurge Alexis Brunette-Duceppe. Je parle aux compagnies chez moi toutes les semaines. Elles sont soulagées de la suspension de la menace de décret sur les emplois, en bonne partie grâce au Bloc, mais le Québec souffre depuis le gouvernement Harper de tarifs douaniers punitifs et protectionnistes sur le bois-d’oeuvre plus élevés que ce que subissent les autres provinces forestières. Comme d’habitude; si des entreprises tombent, ce sera ici avant ailleurs au Canada. C’est inacceptable! Ottawa doit cesser de négliger les régions du Québec, mettre son poing sur la table, et dans l’intervalle, dégager des liquidités pour les entreprises. »

Parmi les autres pistes de réflexion possibles, ajoute, St-Hilaire, il y a le recours au fonds destiné à la plantation de deux milliards d’arbres qu’Ottawa traîne presque sans l’utiliser depuis 2021. « Cet argent, il faut en effet que Québec puisse mettre la main dessus pour contribuer à la restauration de l’habitat du caribou forestier en reboisant des chemins désuets dont la présence semble favoriser la prédation de l’espèce, détaille Marc St-Hilaire. On pourrait aisément associer à ça des travaux sylvicoles propices à améliorer la productivité des forêts.»

Revenant sur les enjeux environnementaux « qu’il faut concilier et même utiliser pour créer davantage de richesse », le chef du Bloc Québécois, Yves-François Blanchet, croit que l’idée de créer un observatoire sur le caribou et la forêt auquel participeraient tant les Autochtones que les forestières et les travailleurs ou les scientifiques, est très prometteuse. « Préserver le caribou est essentiel, mais au-delà de ça, il y a tout le potentiel environnemental de la forêt, la séquestration naturelle du carbone, les défis que représentent les feux de forêt dont la prévalence est en hausse, et les insectes dévastateurs. On doit se donner les moyens de voir plus loin, régler les problèmes, et rêver un modèle économique qui nous ramènera à l’avant en termes d’innovation et de prospérité. »

Le Bloc Québécois rappelle d’ailleurs sa proposition, issue du milieu, d’établir une politique d’approvisionnement qui favorise l’utilisation des produits du bois, notamment en établissant l’empreinte carbone comme critère d’octroi des contrats. Le potentiel énergétique vert des résidus forestiers est aussi à mieux exploiter selon le parti.

En conclusion, le chef bloquiste insiste sur le fait qu’au-delà des enjeux de juridiction, « qu’il faut respecter pour ne pas que tout soit plus cher, plus long, et plus mal fait », il y a le fait que lorsqu’une région parle d’une seule voix, elle devient incontournable et peut imposer sa volonté aux différents paliers de gouvernement. « Avec Marc, Mario et Alexis qui ont prouvé et prouveront encore qu’ils sont un morceau très important de cette voix forte pour le Saguenay-Lac-St-Jean, je crois que la région a tous les outils pour s’imposer et devenir un modèle dans le secteur forestier dans le meilleur intérêt des gens exceptionnels de votre coin de pays. »

 


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